Partager l'article ! Mes MADELEINES de PROUST ou comment faire les tartines à un petit enfant: Le titre va attirer un certain Marc Lefrançois, enfin j’espère, vo ...
Le titre va attirer un certain Marc Lefrançois, enfin j’espère, voilà l’intérêt de lire les blogs : éveiller les réflexions et les sujets d’intérêts qui seraient en veille ou oubliés.
La Madeleine en question, c’est un souvenir d’enfance comme il se doit.
Chez mes grand parents paternels : Amélie et Fernand .
A mon réveil, toujours un peu tard le matin, déjà adepte de la grasse mat, je dois avoir entre cinq et six ans, je sors de mon lit en fer forgé blanc, installé dans la grande chambre de ma Mémé .
Je me souviens du grand soleil qui passait par la fenêtre, et des cloches de l’église qui parfois me réveillaient, sans gêne, pour mieux me permettre de me rendormir.
J’aime toujours entendre les cloches des églises.
église du texte
Notre église se trouvait juste en face de la maison, sur l’autre trottoir. La bâtisse pastorale en pierre blanche trônait au bout de la grande allée centrale qui délimitait le vieux cimetière à droite du nouveau cimetière à gauche.
Je
descendai
s, seule, à mon heure, par l’escalier abrupte
calé entre deux murs, comme dans toutes les vieilles maisons du Nord, je passai la porte du bas de l’escalier pour entrer directement dans la cuisine où l’odeur du café me titillait les
narines,j'adore le café.
La cafetière émaillée passait pas mal de temps au coin de la plaque de fonte de la grande cuisinière ,alimentée toute la journée au bois et au charbon, (année 58-60).

Mon pépé très aimé, me préparait mon bol de
chocolat et me faisait mes tartines de beurre.Ces tartines deviendraient « mes madeleines de Proust »
Pourquoi? ,et bien voilà pourquoi ;
parce que mon pépé, à chaque fois prenait une belle tranche de pain fraîchement coupée,
la beurrait d’une couche épaisse d’un bon beurre de ce temps là, la recouvrait avec
une seconde tartine qui devait à mon avis être aussi beurrée. Après les avoir bien
collées, il me demandait à chaque fois si je voulais qu'il me fasse des petits cavaliers ! 
« Oui, pépé !!! des petits cavaliers s'il te plaît!!
Il coupait la double tartine en deux parties égales, puis recoupait les deux morceaux en deux et encore en deux pour m’en faire huit petits cavaliers, nom qu’il donnait simplement à mes tartines .Il en disposait quatre de chaque côté du bol et me disait :’’ voilà, tes petits cavaliers ‘’
Ensuite, j’ai vu mon père, son fils, faire la même chose à mes enfants et je le fais aussi à ma petite fille Jade, en lui précisant que cela fait plus de tartines et que cela donne l’illusion d’en avoir plus à manger, astuce pour les petites filles un peu rondes !!
Maintenant, elle a dix ans et je m’arrête à 4 cavaliers, elle trouve que les cavaliers seraient bien trop petits.
Et voilà comment un homme simple, adorable,
Mon Pépé Fernand transforma le Pain en Madeleine.
Ma grand-mère, ensuite, prenait le relais, en me disant « « va vite t’habiller, il est tard et ta mère va arriver du travail……
Pépé tout en douceur, tranquille, jamais pressé et Mémé, très gentille mais évidemment une maîtresse de maison, toute en organisation et décision.
Souvenirs d’une petite fille de 58 ans à ce jour !
ça fait du bien d’écrire ces souvenirs heureux !!
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