C’était au temps d’Eddy, au temps de Salut les Copains.
Mon oncle PAUL, adolescent, avec 9 ans de plus que moi, se comportait comme un grand frère .Nous avions un
langage commun, peu de paroles, beaucoup de gestes tendres et une habitude de grasse matinée le jeudi matin lorsque ma mamie Odette me gardait.
Ensemble, collés l'un à l'autre dans un petit lit, dans la chambre du 2°étage de la « « maison du coin de la rue » »:
En haut de l'escalier, tournez à droite, traversez le grenier et, vous y trouvez la porte d'un nid.
DOMMAGE! La maison a été détruite dans les années 70 pour cause de modernisation du quartier.
Faisait pas chaud les matins d’hiver, tous les deux sous les couvertures, nous dormions, avec juste notre bout du nez qui prenait l’air, bouts de nez gelés car pas de chauffage central en 62.
On se serrait l'un contre l'autre et c'était de la tendresse pure qui nous réchauffait .Nous avions trouvé notre mode de communication, le collé serré, sans geste équivoque bien sûr, néanmoins c'est bien ces moments qui m'ont éveillée au bien être de la chaleur d'un corps d'homme. Pour mon TONTON, je n'étais qu'une petite fille à joues rondes, encore timide, lui tout en retenue mais toujours souriant avec moi. Et pour la pré adolescente que j’étais, c’était quand même un représentant type du genre masculin, mon père n'ayant pu prendre sa place auprès de moi (autre histoire), c’est Paul qui devint mon référent mâle.
Paul, ressemblait beaucoup à Eddy, ils avaient presque le même âge, la même chevelure, le même air faquin et réservé, l’œil fendu à peine ouvert .Plus tard, il adopta le même flegme, le même humour que son chanteur français préféré, Eddy devint le mien. Ce fut Paul qui acheta mes premiers vinyls. Pour nous, c’était Eddy et non Johnny et les Animals et non les Beatles, puis les chanteurs de musique Soul arrivèrent dans mon univers musical, j’avais 11 ans et j'écoutais du rythm and blues grâce à lui.
Eddy je viens de le voir en interview, il est vieilli, mais
toujours aussi classe, avec barbe grise courte bien taillée, l’œil ''fendu'' un peu plus gris, toujours
railleur, et un sourire en coin à la moindre de ses réponses en demi ton.
Toujours un succès non tapageur, car il se méfie des médias et c'est bien la première fois que je l'entends se confier à ce point et qu'il laisse passer des images de sa famille. Sa femme nous apprend que, rentré chez lui, il ne parle pas métier et est avant tout un mari, un père et un grand père!
PAUL, discret, taquin, sensible, comme Eddy, dégageait une force tranquille, paraissant introverti car toujours sur la réserve, aimable mais ne se livrant que très rarement, prônant l'amitié réfléchi pour ne pas être déçu, j'ai adopté aussi cette réserve.
En fait cette ressemblance est surement plus forte pour moi que pour quiconque, c’est pourquoi je ne joindrai pas de photo de PAUL,
juste d'Eddy.
EDDY est là ,encore à m'enchanter de ses chansons, et il m'aidera à voir mon oncle PAUL qui est parti au pays des crooners rocker en mai 2010,soutenu et veillé par son frère ,son complice depuis toujours, mon autre Tonton.
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s’est emballé, du coup, j’ai une forte envie de voir mon homme, tiens si j’allais me faire
belle …..à plus
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